Au Togo, les jeunes donnent un second souffle aux déchets en les transformant en robots

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Au Togo, ce pays d’Afrique de l’ouest située dans le golfe de Guinée, enregistre environ 500 000 tonnes de déchets électroniques chaque année. Une partie de ces déchets peuvent constituer un risque sérieux pour la santé. Ces déchets, d’autres s’en sont inspirés comme les innovateurs locaux et ont par la même occasion créé des emplois. C’est un symbole de la révolution numérique qui se prépare dans l’un des plus petits pays d’Afrique de l’Ouest. Ousia Foli-Bebe, a créé un robot qui ressemble à une araignée et qui bouge comme une araignée.

« Je l’ai fait à partir d’une imprimante 3D, jetée,le plastique récupéré de l’imprimante est devenu les bras et les jambes. Et j’ai aussi fabriqué une imprimante 3D à partir de déchets électroniques. En fait, j’ai appris à fabriquer l’imprimante à partir d’Internet », indique-t-il.

Les imprimantes mises au rebut font partie des tonnes de déchets électroniques qui sont envoyées au Togo.L’inventeur emmène l’araignée robot dans les écoles dans l’espoir d’intéresser les élèves aux sciences et au recyclage.

« J’espère faire une trousse scientifique pour qu’ils puissent commencer à fabriquer leurs propres gadgets et à résoudre lesproblèmes de cette communauté », dit le concepteur.

Son laboratoire Ecotec est situé à Amadanhome, dans la banlieue de Lomé, la capitale du Togo.

En effet, les déchets électroniques regroupent tous les équipements électriques et électroniques (EEE) mis au rebut par leur propriétaire en tant que déchets. En 2016, 44 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produits dans le monde. Seulement 20 % de ces déchets ont été recyclés.

M. Foli-Bebe, âgé de 29 ans fait partie d’un des nombreuxjeunes entrepreneurs qui voient dans tous les déchets électroniques importés par le Togo une opportunité. À l’extérieur de son laboratoire se trouve une collection hétéroclite de vieux téléviseurs et d’autres appareils électroniques usagés répartis sur une décharge de la taille d’un terrain de tennis. Il partage le site avec un recycleur de déchets électroniques, ce qui lui permet d’accéder facilement aux pièces de ses inventions.

Il concède qu’il a beaucoup appris sur le recyclage avec d’autres personnes, comme Gnikou Afate, qui a fabriqué la première imprimante 3D au Togo. L’imprimante artisanale de M. Afate a d’ailleurs  remporté le premier prix à la conférence de Barcelone sur la technologie de fabrication en 2015. Ce dernier âgé de 39 ans, qui collaborait auparavant avec un autre centre technologique appelé Woelab, l’un des meilleurs de la ville, a récemment ouvert son propre laboratoire et travaille dans un petit espace de travail près de sa maison.

« Au début, les déchets électroniques étaient un fléau – c’est ainsi que nous les décrivions. Nos rues étaient jonchées de vieux cadavres d’ordinateurs qui pourrissaient. Mais aujourd’hui, ce problème est devenu une opportunité. Les déchets électroniques pourraient être décrits comme une mine d’or », indique M. Afate. 

Seuls 41 pays dans le monde, la plupart européens, recueillent des statistiques sur les déchets électroniques, selon le rapport The Global E-waste Monitor. En 2016, environ 44 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produits dans le monde, selon le même rapport. Les vieux téléphones portables, ordinateurs portables, téléviseurs et générateurs encombrés dans les camionnettes et les camions font partie de ceux qui passent par le port de Lomé.

Les véhicules sont ouverts sur un marché à côté du port et les acheteurs se rassemblent. Les e-déchets sont ainsi exposés sur un marché à côté du port. La demande croissante de technologie a créé un marché pour les gens qui veulent acheter des appareils électroniques d’occasion à des prix abordables.

Mais ce n’est pas seulement la demande de ces produits qui favorise leur arrivée, mais c’est aussi l’insuffisance du recyclage disponible dans les pays riches. Les pays occidentaux renvoient ainsi leurs déchets électroniques en Afrique occidentale. Un innovateur qui examine une micropuce à l’aide d’une loupe rudimentaire est toutefois difficile de réglementer la gestion des déchets électroniques parce que de nombreuses personnes en tirent leur subsistance.

« Si vous regardez les types de déchets qui arrivent ici, beaucoup d’entre eux sont très dangereux et toxiques, alors nous devrions vraiment évaluer l’impact économique qu’ils pourraient avoir sur notre environnement », déclare Hervé Tchamsi du Centre des déchets électroniques, une entreprise de recyclage.

Son équipe s’efforce de minimiser leur exposition aux matières dangereuses contenues dans les déchets électroniques et il espère que cette norme plus élevée deviendra un jour la norme au Togo.

Mais pour le moment, ce qu’ils ne peuvent pas réutiliser, ils l’exportent vers l’Europe, d’où il est originaire. Une ironie qui n’est pas perdue pour M. Tchamsi.

« Voici les téléviseurs qui contiennent les matières toxiques. Nous payons pour les renvoyer en Belgique pour recyclage – parce que nous n’avons pas ici la capacité de recycler les déchets électroniques de manière sûre », explique-t-il.

Dans un pays où les possibilités d’emploi pour les jeunes sont limitées, cette activité est porteuse d’avenir. Les innovateurs et les entrepreneurs travaillent afin de trouver des solutions qui exploitent ce potentiel et réduis les dangers.

 

 

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