Championne d’Europe du 200 m en 2010 aujourd’hui Myriam Soumaré est nounou dans une crèche

0
24900

Myriam Soumaré franco-guinéenne, âgée de 32 ans traverse une phase imprévue. Celle qui était championne d’Europe du 200 m en 2010, il n’y a de cela que neuf ans est aujourd’hui absente des registres de l’athlétisme. 

Celle qui autrefois éclairait les pistes d’athlétisme de son sourire rayonnant, ses victoires qui relevaient d’un talent exceptionnel, s’est éloignée de toutes le tribunes sportives et vit une vie aux antipodes de cette passion qui l’animait pour l’athlétisme. « Je montre parfois les images à mon fils aîné (âgé de 4 ans), je lui raconte que sa maman courait très vite », raconte Myriam.

Celle qui a émerveillée plus d’un lors de son sacre en 2010 à Barcelone est repartie sans bruit 4 ans plus tard. Dans son domicile à Sarcelle , dans le Val-d’Oise, au 4e étage d’un immeuble sans ascenseur que l’ex championne vit avec ses 3 enfants.  « Bien sûr que j’aimerais changer de logement, offrir plus d’espace à mes 3 enfants… ». 

Pourtant à l’époque où elle était encore championne d’Europe, elle faisait la une de plusieurs magasines sportifs, elle étaient invitée sur plusieurs plateaux télévisés et même une piste de course à Taverny porte son nom. Cela n’a pas empêché que le destin en veuille autrement pour son avenir. 

« Je n’étais pas forcément riche pendant ma carrière, mais je m’en sortais. Désormais, avec mon mari, on regarde les étiquettes à deux fois. Je suis devenue madame tout le monde. » 

Son mari la soutient indéfectiblement, il est agent de sécurité et elle travaille à la crèche collective de Sarcelle. Cette même crèche dans laquelle elle travaillait avant de devenir championne d’Europe.

« Mes médailles ? Elles sont à la cave »

« On aimait cette image de fille de la cité, qu’est-ce qui l’en reste aujourd’hui ? Parfois des mamans me demandent : Ah mais vous n’êtes pas… Je leur réponds : j’étais… Quand tout s’arrête, on se rend compte que le sport de haut niveau est éphémère. On te met en garde, mais tu n’y crois pas et puis tu te rends compte que si on t’aime, c’est avant tout parce que tu fais des résultats. » Le constat est rude, mais pas forcément très éloigné de la réalité, même pour une septuple médaillée européenne.

« Mes médailles ? Elles sont à la cave », rigole-t-elle. On comprend qu’elle ne veut plus trop se retourner sur ce passé glorieux, même si on se devine aussi que l’athlétisme lui manque. « Ça m’arrive de regarder de l’athlétisme, quand je tombe dessus par hasard, mais mon cœur n’est pas encore prêt. C’est dur de se dire que ces filles qui font des podiums, je courais avec elle il y a quelques années. » Après sa première grossesse, en 2015, Myriam avait tenté de reprendre. « Guy Ontanon a été d’un très grand soutien, mais j’ai tenu un mois et demi. Parfois, je me demande ce que je serais devenue si je m’étais accrochée. Peut-être que j’habiterais dans une belle maison… »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here