#CleanUpChallenge : le combat contre la pollution très pris au sérieux Sénégal

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Le Sénégal, pays de la Téranga avec ses lieux touristiques, son histoire, est aussi connu pour son degré de pollution plastique. Le travail à mener pour changer les comportements est bien de partie avec les nombreuses personnes qui jettent les gobelets et autres emballages, ordures dans les rues. Pour amélioré la propreté dans le pays, un mouvement a été mis en place. Et,comme souvent, c’est sur les réseaux sociaux que le coup de sifflet est lancé.

Le #CleanUpChallenge, un nouveau hashtag est en marche au Sénégal. Il a vue le jour après un autre hashtag, viral dans le monde entier, le #trashtag. En effet, le 5 mars dernier, Byron Roman, un jeune Américain de l’Arizona a publié un montage de deux photos avant/après sur son compte facebook, et depuis, le challenge a fait le tour du monde.

Le défi est simple : se prendre en photo devant un espace extrêmement sale et renouveler l’expérience une fois l’endroit complètement nettoyé. Ce challenge vient à point nommer pour contribuer à la dépollution de la planète. Au Sénégal, le principe intéresse et encourage.

À Rufisque, près de Dakar, Abdou Touré a relevé le défi. Après deux heures de travail, il est venu à bout des quelques mètres carrés de poubelle à ciel ouvert.

Ce qui le motive ? L’éco-citoyenneté. « Lorsque j’ai vu circuler ce hashtag, j’ai compris que c’était en phase avec ce que je suis, avec ce que je défends. » Parce qu’à 41 ans, et avec 30 ans de scoutisme à son actif, il fait de la défense de l’environnement le premier de ses combats. « Pratiquement tous les week-ends, je fais du nettoyage du quartier et de la plantation d’arbres avec les jeunes scouts dont je suis responsable. » 

Il se souvient de cette femme, Aminata. Qui, chaque matin,passe le balai dans sa rue. Pas seulement devant sa maison, comme il est coutume de le faire au Sénégal, mais jusqu’à sept pâtés de maisons plus loin. Elle a plus de 70 ans et a été éduquée ainsi, au respect de la Terre qui la nourrit et qui la fait vivre. Mais cette éducation a disparu, et les rues sont fleuries de plastiques rouges, verts, jaunes… Ici à Rufisque, comme partout dans le pays, il semble que personne n’ait conscience de cette pollution, tant visuelle qu’environnementale et sanitaire. Alors si cette conscience a disparu, « elle doit revenir avec la nouvelle génération, grâce à l’éducation », indique Abdou. 

Chargé du programme des scouts au niveau national, il a déjà lancé des challenges pour les jeunes. « Des jeunes de mon quartier sont venus me voir le soir même de ma publication sur Twitter pour me dire qu’ils voulaient faire la même chose pendant les trois jours des Fêtes pascales. » Alors je vais faire en sorte que tous les scouts, en tenue, le fassent aussi.

Jeunes, vieux, hommes, femmes, enfants, nombreux sont les personnes qui relever le défi de nettoyer les rues, un peu partout dans le pays. Parmi eux, il y a cet adolescent de 15 ans, Aliou Ndom, qui s’est attaqué au sol de Kaolack, ville réputée pour être bien loin de l’état de propreté moyen requis pour une agglomération de ce niveau. 

 

Ou encore cette petite fille de 6 ans, Lou, aidée par sa maman, ainsi que les élèves de l’école privée Dakar Academy.

 

A Dakar, dans la capitale sénégalaise, Mandione Laye Kébé a compris que ce mouvement pouvait et surtout devait marcherau Sénégal. Il y a deux ans, il avait lancé les pages Facebooket Twitter « Save Dakar » après avoir été écœuré par la saleté de la place de l’Indépendance, la place centrale de la capitale, située à deux cents mètres du Palais présidentiel. Aujourd’hui, il centralise les photos des citoyens ayant relevé le défi.

Mais pour lui, il est « évident » que seull’engagement citoyen ne pourrait conduire au bouleversement de l’impact écologique des populations au niveau national. « C’est l’État qui peut faire changer les choses en grand. Le Sénégal a besoin d’une volonté politique en plus de la volonté citoyenne. Il faut légiférer ! » .« Nos hommes politiques se fichent royalement de nos actions », déplore-t-il.

Il se souvient de cette première initiative « grand nettoyage » qu’il avait organisé en juin 2018 sur la petite corniche de Dakar, derrière le Palais présidentiel. « Nous n’avons eu aucun soutien de la part du gouvernement. Même le ministère de l’Environnement était absent. En fait, le soutien nous est venu de l’ambassade de la Grande-Bretagne. » « Nous avons des exemples africains, le Maroc, le Rwanda maintenant, qui montrent que c’est possible d’espérer avoir un pays propre sur ce continent, et que ce n’est pas qu’une lubie lointaine des Occidentaux », explique le Dakarois enthousiaste.

Les dépôts d’ordures ne cessent de croître dans le pays et le tonnage de déchets plastiques est énorme : 70 000 tonnes jonchent le sol sénégalais, indiquait Abdoulaye Baldé, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, lors de la Journée mondiale de l’environnement 2018.

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