Elles vont créer à Garges une laverie dotée d’une cafétéria et d’un espace de coworking

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Aminata, Rahima et Mariam Cissokho vont ouvrir à Garges-lès-Gonesse un service de laverie associé à du coworking, une cafétéria et des espaces de loisirs. Un projet expérimental qui pourrait se développer.

Créer une laverie où on ne perd pas son temps. C’est l’idée originale de trois sœurs de Sarcelles très unies, Aminata, Rahima et Mariam Cissokho, respectivement 25, 27 et 32 ans. « On a toujours lavé notre linge toutes les trois ! Ce besoin part de notre propre vécu car on a utilisé ce service pendant des années lorsqu’on a eu un souci avec notre machine à laver. On trouvait ça terne et lugubre », se souvient Aminata.

Les trois sœurs ont pour dessein de « replacer l’utilisateur au centre de la laverie pour créer du lien social ». « On veut qu’il passe le moins de temps possible à regarder la machine tourner. » Né fin 2019, ce projet de « tiers-lieu » vise à proposer à la fois un service de cafétéria, mais aussi du coworking, un espace de lecture et de jeux et loisirs pour occuper les enfants.

Elles ont été mises en relation avec le centre social associatif Les Doucettes, rue du Tiers-Pot, au cœur du quartier en politique de la ville de Garges-lès-Gonesse, par le biais de la communauté d’agglomération Roissy-Pays-de-France. « Nous avons une laverie solidaire à bas prix qui fonctionnait très bien avec les trois résidences sociales du quartier. Mais chacune d’entre elles a été aménagée avec une laverie intégrée et nous avons perdu des usagers », resitue le directeur Jean-Luc Coll.

« Il faut une présence humaine à la laverie »

Subventionnée à 90 %, l’association doit donc revoir son modèle économique et développer ses ressources propres. « J’ai la structure, l’équipement et la logistique, mais je suis limité par rapport à mes salariés. Ce partenariat nous permettra d’élargir les horaires de la laverie et de trouver de nouveaux publics. Il permettra aux entrepreneuses de se forger une première expérience sur la laverie et le tiers-lieu car elles avaient des difficultés à trouver un lieu sans mise de départ », reprend Jean-Luc Coll.

Cette expérimentation, basée sur un portage associatif entre le centre social et le concept des sœurs baptisé Laco’Work & Co, pourrait voir le jour au printemps. Le tout, juste en face du nouveau centre social, dans l’ancien bâtiment. Les filles se projettent déjà. « Il faut une présence humaine à la laverie pour aider ceux qui ne savent pas lire, expliquer aux messieurs qu’il ne faut pas mélanger le noir et le blanc ou mettre des chaussures dans le tambour », illustre Aminata.

Une bourse de 10 000 euros

La laverie solidaire comporte déjà quatre machines et deux sèche-linge et une cafétéria à moderniser, où sont réalisés actuellement des ateliers de cuisine. Le conseil départemental a octroyé une bourse de 10 000 € pour ce projet. Outre l’agglomération, d’autres partenaires sont parties prenantes : Initiactive 95, Créative Factory et la mairie de Garges-lès-Gonesse. Le centre social envisage de mettre en place des chantiers d’insertion, y compris pour les travaux.

Issues d’une fratrie de neuf enfants, dont cinq filles, Aminata, Rahima et Mariam, les trois plus jeunes, sont inséparables. « Nous habitons toujours ensemble chez nos parents. Nous avons même un groupe WhatsApp pour échanger alors que l’on vit sous le même toit. On se dit tout, nous sommes restées très proches. Travailler ensemble ne nous fait pas peur. »

Un terrain d’expérimentation pour développer leur marque

Il est aussi question de ramassage et de livraison du linge à domicile, pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. « On voudrait toucher un public mixte, que les gens passent un bon moment et nous recommandent. Cela nous permettra de voir comment gérer, ce qui marche ou pas », souligne Aminata, employée chez Orange. « On a reçu une formation pour nous apprendre à monter notre structure et vendre notre produit », ajoute Rahima, en recherche d’emploi.

Leur modèle d’entrepreneur ? « Maman, lâchent-elles en chœur. Elle n’a géré aucune entreprise mais elle contribue à gérer toute notre famille. » Les trois sœurs réfléchissent aussi à d’autres services pour leur laverie comme le repassage ou encore la retoucherie. A terme, elles espèrent voler de leurs propres ailes, développer leur propre entreprise en famille et essaimer partout leur marque sur le territoire.


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