Femme assidue, rigouse, Adam Soreya Syllapeut passer cinq heures d’affilée à mixer du karité dans un grand chaudron de cuivre. Elleavait fait des études pour être juriste, comme sa mère, moitié libanaise, qui a longtemps été juge à Bamako, après avoir perdu son mari quand sa fille avait seulement 1 an.Master en droit public et international, début de carrière ascensionnel dans l’administration publique (affaires étrangères, collectivités territoriales…), puis dans un cabinet d’avocats réputé de la capitale malienne.

Mais, il y a quatre ans,la dameSyllaa commencéà avoir du psoriasis, une maladie inflammatoire de la peau. Impossible d’en venir à bout malgré toutes les crèmes pharmaceutiques achetées à la pelle. Elle se renseigne sur les solutions naturelles pour y remédier et découvre les vertus du beurre de karité, une pâte jaunâtre extraite des fruits d’un arbre africain, inscrit sur la liste des espèces menacées, le Butyrospermum Parkii. La légende dit que la reine égyptienne Néfertiti l’utilisait déjà il y a plus de trois mille ans pour son pouvoir hydratant.

 « Comme la texture du beurre de karité est dure et qu’il a une odeur un peu forte, j’ai eu l’idée de le monter en chantilly et d’y ajouter des huiles essentielles. » Témoigne Adam.

Fini le psoriasis ! Et c’est comme ça qu’un remède maison est devenu le produit vedette d’une nouvelle gamme de cosmétiques, Soreya Garden. 

A seulement 33 ans, Adam Soreya Sylla est désormais bien ancrée dans sa deuxième vie d’afropreneuse. Après une formation en cosmétiques naturelles, dispensée par les Nations unies, elle monte son affaire avec 15.000 francs CFA (environ 23 euros) et s’enferme dans sa cuisine pour confectionner ses crèmes.

Aujourd’hui, Soreya Garden vend 300 pots par mois en moyenne, tous à base de karité. La fameuse chantilly, donc, mais aussi du savon, du lait hydratant, de l’huile de massage, du shampoing, de la crème antirides… En somme, une quinzaine de produits différents.

La start-up emploie une assistante, une vendeuse et un coursier, et a ouvert une boutique dans le quartier de Bacodjigoni Golf, à Bamako.

« J’ai choisi un local à quinze minutes à pieds de chez moi, sinon je ne pouvais pas m’en sortir avec mes quatre enfants, âgés de 2 à 12 ans. Je n’ai personne pour m’aider.

Leur père travaille à Dakar comme consultant en communication. Ma mère vit désormais en France, à Evry, en banlieue parisienne.

Et puis, il y a toujours ces kilos de beurre de karité qu’il faut monter en chantilly pendant des heures chaque jour. « Et, croyez-moi, c’est vraiment fatigant. »Indique l’afropreneuse.

Soraya Garden

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