MBOCHA 2.0 : Democratiser les langues africaines en diaspora

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BILINGUISME AFRICAIN: Ses Workshops MBOCHA 2.0 aident les parents à mieux transmettre les langues ancestrales en diaspora

« Maman ne nous parle plus ta langue africaine la, ça fait mal aux oreilles! »

C’est cette phrase plutôt étonnante venant de la bouche d’un enfant de 5 ans, qui a poussé Kamana Beella Akamba á devenir Coach familiale en lançant la plateforme www.mbolanchallenge.com

Sa spécialité: la transmission des langues africaines en diaspora

Par une matinée neigeuse de 2016, Kamana accompagne sa fille au jardin non loin du domicile familial. Le temps de se débarrasser des manteaux et autres accoutrements d’hiver, une accolade à l’entrée de la classe et la pette fille est prête pour une nième journée d’école. « Yangá, o hə́ vúɛn ńtóm wóe, zǎ nɔŋ» (Attends ! tu as failli oublié ton chapeau! Viens prendre) lance t-elle à sa fille.

La petite fille retourne dans la garde robe, attrappe son chapeau avant de se diriger vers la salle de classe non, sans lancer a sa mère «Abuí ngāŋ məmá »(Merci Maman Bonne journée en langue ewondo/Beti). 

Quelques minutes plus tard, sur le chemin qui mène à la sortie de l’école, une dame s’approche de Kamana et lui demande: 

– Oui ? réponds Kamana

– «Entschuldigung, ich habe eine Frage an Sie » (Excusez moi, j‘ai une question svp… (langue allemande))

– Je vous ai vu avec votre fille tout à l’heure. Quelle langue lui avez-vous parlé ?

– La langue Ewondo. C’est une langue qu’on parle au Cameroun et dans plusieurs autres pays en Afrique centrale.(variantes)

– Mais, votre fille renchérit la dame, elle est bien née ici en Allemagne ? N’est ce pas?elle a grandit ici. Comment avez-vous réussi à lui enseigner une langue africaine au point ou non seulement elle entend ce que vous dites, mais en plus elle vous répond?

– (Kamana étouffe un éclat de rire…) euuuuhh J’ai commencé quand elle était très jeune réponds Kamana. Mais il y’a aussi des techniques spéciales à appliquer surtout quand on vit en diaspora.

Ah d’accord

– Pourriez-vous m’enseigner ces techniques svp ?

(Kamana la regarde un peu perplexe…)

– Euuuuhhh … en fait moi j’ai une formation d’ingénieure, je ne suis pas linguiste vousavez…

Oui peut être, vous n’êtes pas linguiste, MAIS VOUS AVEZ DES RESULTATS. C’esttout ce qui m’intéresse répond la dame. Je viens du KENYA et chez nous on parle le swahili. Quand j’ai tenté de l’enseigner à mon fils il m’a répondu au bout de quelques semaines « Maman, ne nous parle plus ta langue africaine la, ca fait mal aux oreilles«. J’étais tellement choquée que j’ai abandonné.

En effet il faut garder le cap même si ca semble bizarre au début répond Kamana. L’enfant va vous challenger et tester vos limites pour voir à quel point cette « histoire de langue africaine« est importante pour vous. C’est un processus normal.

– Ahhhh Je me doutais bien qu’abandonner n’était pas la chose bonne chose à faire, mais cette fois avec vos conseils j’y arriverai sûrement reprend la kenyane…

Kamana Beella Akamba

Depuis cette conversation il ne se passe pas un jour sans que Kamana B. Akamba ne reçoive par mail, page Facebook ou Whatsapp une question d’un internaute à propos des meilleures techniques pour apprendre les langues africaines et la transmettre à nos enfants, surtout quand les parents eux même ne maîtrisent pas forcement leur langue. 

Avec des Workshops hebdomadaires en ligne et en présentiel sa méthode MBOCHA 2.0 (abréviation de Mbolan Challenge) elle réussi à outiller les parents pour qu’ils accompagnent leurs enfants dans le (re)découverte des langues africaines. 

Pour les enfants qui grandissent en diaspora c’est essentiel, car en face deux ils ont d’autres enfants issus de « l’immigration qui eux maitrisent la langue de leurs parents « turque, russe, arabe etc…»

Un enfant afrodescendant qui ne maîtrise pas une langue africaine se retrouve diminué, complexé face aux autres. Pour empêcher cela MBOCHA 2.0 a développé une vision en vue de démocratiser les langues africaines dans nos communautés, où certains de nos compatriotes ont même encore honte de parler leur langues maternelles en publique. L’objectif est de placer la cellule familiale au centre de cette transformation. 

D’oú l’accompagnement étroit offert aux parents. L’avantage du MBOCHA2.0 est aussi que cette méthode fonctionne indépendamment du contenu de la langue, que ce soit du Wolof, Lingala, Soninke, Medumba, Baouele, Twi ou Swahili. MBOCHA 2.0 se soucie moins de vous abreuver des tonnes de contenu et plus de si et comment ce contenu s’incruste dans votre vie de tous les jours. Un exemple. 

Vous n’avez pas besoin d’attendre la fin de vos 6 mois de cours de langue pour au quotidien commencer à saluer, dire merci ou utiliser les chiffres en la langue africaine de votre choix. De plus près de 70% des personnes en diaspora qui connaissent leur langue maternelle ne la parle pas et ne la transmette pas à leurs enfants. 

MBOCHA 2.0 s’adresse donc aux connaisseurs de la langue qui veulent cesser d’être des africains à temps partiel, parlant uniquement les langues des autres, mais aussi aux débutants de cours de langues, afin qu’ils puissent utiliser les connaissances apprises dès la première leçon.

Le prochain Workshop de Kamana avec la méthode MBOCHA 2.0 démarre le 31.07.2020. L’offre de lancement est valable j’usqu’au 19.07. à 23h.

Pour plus d’informations et réservations suivez le lien : https://bit.ly/3duFYHF.

NB : « MBOLAN » viens de la langue Ewondo (Beti/fang) et signifie « Salut » Informations générales : www.mbolanchallenge.com

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