Oise : ils ont créé le Tinder de l’emploi

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Avec le logiciel Worktool, 4000 demandeurs d’emploi au RSA pourront entrer leur CV dans l’application pour trouver du travail en toute simplicité.

Jusqu’à présent, le « matching » servait surtout à trouver l’âme sœur sur Internet. Avec Worktool, il pourrait permettre à certains demandeurs d’emploi de dénicher un travail.

Le principe est le même que pour une application de rencontres comme Tinder. Les profils des chômeurs, avec leur CV et leur lettre de motivation, sont entrés dans un logiciel d’un côté. De l’autre, des offres d’emploi sont renseignées. Et après, ça « matche », ou pas.

Si tel est le cas, le demandeur d’emploi se voit proposer l’offre qui correspond le mieux à ses compétences, à son expérience ou à ses souhaits. Un clic sur l’onglet Postulez et son CV arrive dans la boîte mail du DRH de l’entreprise.

Worktool a été créé il y a une dizaine d’années par deux Beauvaisiens du quartier Saint-Jean, Balla Konaté et Lionel Mézu. Son objectif d’alors : « Booster l’accès à l’emploi », souligne Balla Konaté. « Nous étions les premiers à lancer un réseau social, une plateforme au service de l’emploi. »

Sa nouvelle version qui vient d’être mise en ligne va donc bien plus loin. « Nous avons modernisé la plateforme avec cette application qui permet une mise en relation directe, explique Balla Konaté. On déclare ses compétences et le matching trouve l’emploi qui correspond le mieux. »

Worktool est avant tout destiné aux bénéficiaires du RSA. « L’idée, c’est d’être acteur et de ne plus attendre son rendez-vous avec son conseiller pour l’emploi, résume Balla Konaté. Les bénéficiaires du RSA ont leur profil. Les assistantes sociales et les conseillers en insertion ont également le leur. Et tous ont accès au site et aux informations sur les offres d’emploi, de formation ou sur les aides au logement. »

« Un outil efficace et moderne »

De quoi faire de l’ombre à Pôle emploi ? Pas à en croire ses responsables, qui accueillent l’arrivée de Worktool avec bienveillance. « Un outil efficace et moderne, félicite Sabine Preciado-Lanza, directrice territoriale Pôle emploi Oise. Nous travaillons en partenariat et poursuivons le même objectif : favoriser le retour à l’emploi. »

Depuis 2013, Worktool grandit en collaboration avec le conseil départemental. « Il permet une fluidité des informations, de meilleurs échanges », apprécie Eric Bellamy, directeur adjoint à la solidarité au conseil départemental.

L’Oise comprend 19000 bénéficiaires du RSA. Autant de personnes qu’espère donc toucher Worktool. « 300 agents vont être formés sur la nouvelle version de l’application, annonce Eric Bellamy. C’est un outil très concret et sa version nomade, sur smartphone, permettra une plus grande réactivité. »

4000 CV dans la base d’ici cet été

Ruthaline, mère de famille de Saint-Maximin, compte bien sur cette application revue et modernisée pour trouver chaussure à son pied. « C’est beaucoup plus pratique, confie-t-elle. On n’a plus à se déplacer ni à attendre un rendez-vous pour avoir les offres d’emploi et postuler. Je peux être la première à être avisée et la première à répondre. Parfois, ça compte. »

De leur côté, Balla Konaté et Lionel Mézu se sont fixé comme objectif de rentrer 4 000 CV d’ici à six mois dans leur base de données et de collecter le maximum d’offres d’emploi dans les entreprises du département. « Pour accélérer l’enregistrement des CV et des lettres de motivation, nous avons passé un partenariat avec l’association Actif pour s’insérer durablement dans la vie (AIDDV), basée à Saint-Jean. »

Faire correspondre l’offre et la demande

Une initiative à laquelle Aïssatou Traoré, présidente d’AIDDV, a immédiatement adhéré. « Notre association travaille sur l’éducation, la citoyenneté et l’emploi, précise-t-elle. Ce dispositif est une très belle chose. Nous communiquerons de notre côté dessus auprès des gens qui pourraient être intéressés pour l’intégrer. »

Car même s’il n’en est qu’à ses débuts, Worktool version 2 répond encore mieux à une demande des chefs d’entreprise. Lors de ses vœux, Stéphane Coffin, président de la CGPME, n’a pas manqué de souligner le fait que les patrons voient souvent arriver devant eux « des candidats qui ne correspondent en rien au profil recherché ». Worktool ambitionne d’y remédier.

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