Philadelphie : Mouhamed Cisse, un virtuose du violoncelle, abattu froidement

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Son archet ne fera plus vibrer les cordes du violoncelle avec lequel il faisait véritablement corps, Mouhamed Cisse, un talentueux jeune musicien américain, noir et de confession musulmane, a quitté brutalement la scène de la vie, avant même d’avoir eu le temps de jouer sur des scènes prestigieuses auxquelles il était promis.

A Philadelphie, au cours d’un dimanche soir printanier funeste, six jours après l’atroce spectacle de la mort de George Floyd, ce virtuose de 18 ans, dont l’âme pure d’artiste en fut à jamais meurtrie, a subi à son tour un sort effroyable : il a été abattu froidement dans une rue située à l’ouest de la ville, alors qu’il marchait avec un ami vers un magasin, à proximité de son domicile. Ce dernier a eu plus de chance, il en est ressorti vivant, simplement blessé à la main, mais profondément traumatisé.

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, pendant que la plus grande ville de Pennsylvanie résonnait des cris  de centaines de manifestants indignés, scandant « Black Lives Matter », le destin prometteur de Mouhamed Cisse s’est achevé prématurément et d’autant plus tragiquement, foudroyé par des tirs à balles réelles qualifiés « d’aléatoires ». Des tirs dont, à ce jour, les forces de l’ordre assurent sans sourciller ne rien savoir, laissant ce crime horrible impuni et, en totale liberté, celui ou ceux qui ont eu la gâchette facile à la vue de ces deux jeunes noirs.

Ce nouveau drame insupportable, dont on peut avancer sans risque de se tromper qu’il porte la marque du racisme anti-Noirs le plus implacable, a plongé un peu plus dans l’accablement la communauté noire et musulmane. Il a également totalement anéanti une mère qui, devant les objectifs des caméras, a eu à peine la force de brandir la photo de son fils tant aimé, à qui un avenir radieux tendait les bras, assis derrière son violoncelle.

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