Pili Hussein, la femme qui s’est fait passer pour un homme pendant dix ans pour réussir sa vie

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Dirigeante d’une société minière qui emploie 70 personnes, Pili Hussein est une dame de fer. Née dans une famille nombreuse, victime de violence conjugale, elle a bien failli se retrouver en prison. Pendant plus de dix ans, pour exercer le métier de mineur, elle a dû se faire passer pour un homme. Aujourd’hui, si elle s’en est sortie, c’est paradoxalement parce qu’elle est une femme.

D’origine tanzanienne, Pili Hussein a été élevée dans des conditions qui ne la prédestinaient pas à l’émancipation qu’elle incarne aujourd’hui. Marié à six femmes, son père était à la tête d’une famille de trente-huit enfants. Obligée de travailler dans les champs et de s’occuper du bétail, la jeune Pili Hussein n’aura jamais accès aux bancs de l’école. 

Avec un sentiment d’étouffement dans cette vie sans avenir, elle décide de quitter son foyer pour prendre sa propre voie. C’est ainsi qu’elle rencontre son premier époux. Celui-ci la battait régulièrement, elle comprend vite que ce mariage n’a pas d’avenir. À 31 ans, contrainte de fuir cette relation violente, elle commence donc un incroyable périple.

Navigant de village en village, elle s’installe finalement à Mererani. Là-bas, elle découvre le site minier éponyme, le seul endroit au monde où il serait possible de déterrer des tanzanites, pierres précieuses bleues d’une valeur inestimable. Seul hic, pour rejoindre les mineurs, il faut inévitablement être un homme.

Pili pense alors à un plan ingénieux : pour travailler à Mererani, elle se fera passer pour un homme.Pour cela, elle entreprend d’adopter entièrement le style et l’attitude des hommes de la localité.

« LES FEMMES SONT INTERDITES DANS LES MINES, ALORS JE ME SUIS FAIT PASSER POUR UN HOMME. J’AI PRIS DES PANTALONS LARGES QUE J’AI COUPÉS POUR EN FAIRE DES SHORTS AFIN DE RESSEMBLER À UN HOMME. ET ÇA A MARCHÉ.» – PILI HUSSEIN


Pendant dix ans, elle travaillera donc aux côtés de ses collègues qui voient en elle un homme comme les autres.

« J’AGISSAIS COMME UN GORILLE. JE POUVAIS ME BATTRE ET J’UTILISAIS DU LANGAGE GROSSIER. IL M’ARRIVAIT DE TRANSPORTER UN GROS COUTEAU.» – PILI HUSSEIN


Tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Hussein. Mais sa tranquillité est toutefois perturbée le jour où une petite fille accuse son groupe de viol. Emportée par la police locale, la femme risque une lourde peine de prison. Sa seule issue ? Avouer qu’elle est une femme et qu’il est donc physiquement impossible qu’elle ait violé la victime.


Examinée par une autre femme, elle est immédiatement libérée. Mais dans son entourage, c’est l’incrédulité totale. Comment croire que celui qui se faisait surnommer «Oncle Hussein» est en vérité une tata ?


C’est des années plus tard que son entourage la croit, quand elle devient épouse et mère de famille. Elle confie d’ailleurs que son mari actuel l’a observée pendant cinq ans avant d’être convaincu de sa véritable identité.


Aujourd’hui à la tête d’une société minière qui emploie plus d’une soixantaine de personnes, Pili Hussein a exorcisé les démons du passé. Mieux, lorsqu’elle fait le bilan de son parcours, elle s’en dit fière.

 «JE SUIS FIÈRE DE MON PARCOURS – IL M’A RENDUE RICHE, MAIS C’ÉTAIT DIFFICILE. […] JE VEUX M’ASSURER QUE MA FILLE AILLE À L’ÉCOLE, QU’ELLE OBTIENNE UNE ÉDUCATION ET QU’ELLE SOIT CAPABLE DE MENER SA VIE AUTREMENT QUE JE L’AI FAIT », déclare-t-elle

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