Sarcelles : ils ont tourné un court-métrage sur les mères courage

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Amis d’enfance, Papis Sidiki Keïta, producteur, et Jeff Taver, scénariste et réalisateur, se sont unis pour créer le court-métrage « Mama Lova », qui revient sur le rôle fondamental des mères et sur les tristes conséquences des rixes.

L’histoire est touchante. C’est celle d’Agnès, mère de trois enfants, dont l’un meurt lors d’une bagarre entre bandes. Vient le moment difficile du deuil pour cette femme prête à tout pour protéger sa famille. Et qui doit faire face à un caïd du quartier… Ce récit, certes fictif, c’est celui coécrit par la scénariste Latigone N’Goma et par Jeff Taver, également réalisateur et originaire de Sarcelles. À la production de ce court-métrage, intitulé « Mama Lova », il y a l’association sarcelloise Cine Dream Team, présidée par Papis Sidiki Keïta. Une projection est prévue ce mardi soir au centre social Curial, à Paris (XIXe)*.

Dans ce film sans clichés, le spectateur se laisse embarquer dans un monde où les femmes ont un rôle central. L’idée de ce court-métrage naît en février 2016.

« Après une discussion avec une amie, Mariama Kaba, je me suis mis à écrire. Ça s’appelait d’abord Pour Adama. Puis en juillet, il y a eu l’affaire Adama Traoré [mort le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan après son interpellation]. J’ai tout arrêté. »

«Elles ne sont pas assez mises en avant»

L’an dernier, lors d’une marche organisée dans le XIXe arrondissement de Paris à la suite du décès d’un jeune homme lors d’une rixe, Jeff Taver est surpris. « Quand je suis allé à cette manifestation lancée par un ami, il n’y avait quasiment que des femmes, constate-t-il. J’en ai discuté avec Papis, on a repris le projet. » L’écriture du scénario avec Latigone N’Goma dure un an et demi. Le tournage s’est déroulé en novembre dernier à Fresnes (Val-de-Marne).

Parler de ces mères courages, c’est pour ces deux amis d’enfance l’occasion de « rendre hommage » à leurs propres mères qui les ont élevés seules. « Elles ne sont pas assez mises en avant », estime Jeff Taver. C’est aussi un moyen de susciter la réflexion. « C’est notre rôle de dénoncer ce qui ne va pas, insistent les deux amis, qui déplorent les rixes et leurs conséquences. L’image permet de parler aux jeunes. On se doit de réagir, si on laisse faire, ce sont nos enfants qui souffriront. » À l’issue de la projection de ce mardi soir, le court-métrage sera présenté en festival.

Parisien

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